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Analyses

MB&F HM12 The Guardian : le robot-tourbillon qui réinvente l’horlogerie de luxe

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Last updated: 11 juin 2026 4h00
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11 Min Read
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MB&F HM12 The Guardian : le robot-tourbillon qui réinvente l'horlogerie de luxe
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MB&F HM12 The Guardian — Quand l’horlogerie devient robot-sculpture

Vingt ans. C’est le temps qu’il aura fallu à MB&F pour revenir à l’essence même de son ADN créatif. Avec la HM12 The Guardian, Max Büsser et son équipe livrent ce qui pourrait bien être l’objet le plus fou — et le plus cohérent — de leur histoire : un robot de 38 centimètres qui est aussi une montre à tourbillon volant. Une œuvre totale, entre sculpture cinétique et haute horlogerie.

Contents
  • Le retour aux racines du maximalisme
  • Le visage de la machine : une leçon d’horlogerie lisible
    • Yeux sauteurs, cerveau tourbillonnant
    • Le calibre maison : 646 composants au service du rêve
  • La visière mécanique : un théâtre en mouvement
    • Plus de 200 composants pour un geste
    • Le boîtier : titane Grade 5 et Super-LumiNova
  • Le corps du Guardian : L’Épée 1839 au sommet de son art
    • 755 composants pour un corps vivant
    • Trois instruments cachés
  • Finitions : la signature des grands artisans
    • Kari Voutilainen, la touche du maître
  • 36 exemplaires seulement : l’ultime rareté
  • MB&F 2005-2025 : vingt ans d’audace
  • Verdict : une pièce de musée qui porte l’avenir au poignet

Le retour aux racines du maximalisme

Fondée en 2005, MB&F (Max Büsser & Friends) a construit sa légende sur une prémisse simple : repousser les limites de ce qu’une montre peut être. Des Horological Machines aux Performing Arts, chaque création interrogait les codes établis — mais jamais la marque n’était allée aussi loin dans la synthèse entre l’objet horloger et la sculpture animée.

La HM12 The Guardian, dévoilée au printemps 2026, incarne ce retour aux racines. Non pas un garde-temps qui se porte au poignet, ni même une pièce de table — mais un robot articulé de 38 centimètres, dont le visage abrite un mouvement à tourbillon volant, et dont le corps renferme une montre-bracelet détachable.

« C’est le projet le plus long et le plus complexe que nous ayons jamais mené », confie Max Büsser. Quatre années de développement, des dizaines d’itérations, et une collaboration inédite avec Maximilian Maertens — futur directeur créatif de MB&F — pour donner vie à cette créature mécanique.


Le visage de la machine : une leçon d’horlogerie lisible

Yeux sauteurs, cerveau tourbillonnant

Le visage du Guardian est un cadran vivant. Chaque fonction horlogère y trouve une traduction anatomique d’une cohérence rare :

– L’œil gauche affiche les heures en format sautant — un disque bascule brusquement à chaque heure pleine, imitant le clignement d’un regard mécanique.

– L’œil droit est consacré aux minutes traînantes : une aiguille fine parcourt un arc de cercle gradué, dans un mouvement continu d’une précision hypnotique.

– Le cerveau, positionné au sommet du crâne, n’est autre qu’un tourbillon volant à trois bras — le cœur battant de la machine, visible à travers un dôme saphir.

– La bouche s’articule autour d’un micro-rotor en forme de hache, dont le balancement évoque une mâchoire en mouvement perpétuel.

Ce n’est pas seulement une prouesse visuelle : c’est une véritable démonstration de lisibilité horlogère repensée. Là où d’autres montres-concept noient l’information dans l’esthétique, The Guardian fait dialoguer les deux avec une intelligence rare.

Le calibre maison : 646 composants au service du rêve

Sous ce visage d’acier bat un mouvement conçu et assemblé par MB&F. Le calibre maison, fort de 646 composants et 86 rubis, offre une réserve de marche de 84 heures — un chiffre remarquable pour un mouvement de cette complexité.

Chaque élément a été pensé pour s’intégrer à la fois dans le format réduit du boîtier-montre et dans l’échelle du robot. C’est cet aller-retour permanent entre les deux dimensions qui constitue le véritable tour de force technique.


La visière mécanique : un théâtre en mouvement

Plus de 200 composants pour un geste

L’un des détails les plus fascinants du Guardian est son système de visière mécanique. Actionnée par la couronne située sur le côté du crâne, la visière s’ouvre et se ferme en un mouvement fluide qui mobilise plus de 200 composants.

Ce n’est pas un simple cache : c’est un mécanisme à part entière, avec ses propres engrenages, ses pivots, ses ressorts. Lorsqu’elle se lève, elle dévoile le visage du robot dans toute sa complexité — comme un rideau de théâtre qui se lève sur une scène mécanique.

Le boîtier : titane Grade 5 et Super-LumiNova

Le boîtier de la montre — celui qui se porte au poignet une fois extrait du robot — mesure 49,3 × 43,6 × 13,8 mm. Taillé dans le titane Grade 5, il allie légèreté et robustesse. Les index et les aiguilles sont généreusement enduits de Super-LumiNova, garantissant une lisibilité parfaite en conditions de faible luminosité.

La montre peut être portée au poignet de manière tout à fait conventionnelle. Mais c’est dans son écrin robotique qu’elle prend toute sa dimension — car le Guardian n’est pas un simple support : c’est une extension mécanique qui raconte une histoire.


Le corps du Guardian : L’Épée 1839 au sommet de son art

755 composants pour un corps vivant

La partie la plus spectaculaire de l’ensemble revient à L’Épée 1839, la manufacture horlogère suisse spécialisée dans les horloges de forme, avec laquelle MB&F entretient une relation de longue date.

Le corps du Guardian compte 755 composants. Chaque articulation a été usinée, polie, assemblée à la main. Le résultat : un robot qui n’est ni un jouet, ni une simple sculpture — mais une véritable machine animée, traversée par une présence presque organique.

Trois instruments cachés

Fidèle à l’esprit des surdoués de l’horlogerie, le corps du Guardian dissimule trois instruments qui ajoutent à la fascination :

1. Un thermomètre mécanique — niché dans le torse, il réagit aux variations de température avec une aiguille qui danse sur une échelle gravée.

2. Une loupe — logée dans un compartiment secret, elle invite à l’exploration des moindres détails du mouvement.

3. Une torche UV — dissimulée elle aussi, elle permet de révéler les marquages invisibles à l’œil nu.

Ces trois éléments ne sont pas de simples gadgets. Ils prolongent l’idée que le Guardian est un instrument d’exploration — un outil pour découvrir l’horlogerie autrement, avec les yeux d’un enfant émerveillé devant un mécanisme qui vit.


Finitions : la signature des grands artisans

Kari Voutilainen, la touche du maître

Traditionnellement, MB&F réserve ses finitions les plus sophistiquées pour le fond du boîtier — et The Guardian ne déroge pas à la règle.

Au dos de la montre, on découvre :

– Des ponts gravés à la main, dont les motifs évoquent les nervures d’une feuille ou les circuits d’un cerveau-machine.

– Un guilloché main d’une finesse exceptionnelle, réalisé sur un tour à guillocher du XIXᵉ siècle.

– La signature de Kari Voutilainen, l’un des plus grands maîtres horlogers contemporains, dont l’intervention garantit un niveau de finition irréprochable.

Ce contraste entre le visage résolument contemporain — presque brutaliste — du robot et le dos classique de la montre, avec ses gravures traditionnelles, résume à lui seul le génie de MB&F : faire coexister l’avant-garde et la tradition sans jamais les opposer.


36 exemplaires seulement : l’ultime rareté

La HM12 The Guardian sera produite à 36 exemplaires seulement, répartis en trois éditions limitées de 12 pièces chacune. Chaque édition proposera une finition ou une combinaison de couleurs différente.

Le prix n’a pas été officiellement communiqué par la marque, mais les estimés convergent autour de 200 000 francs suisses — un montant qui, rapporté à la recherche, au développement et à la main-d’œuvre mobilisés, semble presque raisonnable pour un objet de cette ambition.


MB&F 2005-2025 : vingt ans d’audace

La HM12 The Guardian n’est pas une simple nouveauté. C’est une célébration, un manifeste, une déclaration d’intention.

En vingt ans, MB&F a traversé plusieurs cycles créatifs — des premières HM aux collaborations avec L’Épée 1839, en passant par les œuvres de la galerie. Avec The Guardian, la boucle semble se boucler : la marque renoue avec le geste fondateur qui a fait sa singularité, le pari fou de mettre l’émotion mécanique au-dessus de tout.

Maximilian Maertens, qui prendra les rênes créatives de la maison, a su insuffler une nouvelle énergie à ce projet — tout en respectant l’ADN du fondateur. La passation de témoin, si elle se confirme dans les années à venir, s’annonce sous les meilleurs auspices.


Verdict : une pièce de musée qui porte l’avenir au poignet

La HM12 The Guardian est tout à la fois un aboutissement et un nouveau départ. Un objet qui défie les catégories, qui interroge notre rapport à la mesure du temps et à l’objet qui la contient.

Est-ce une montre qui prend la forme d’un robot ? Un robot qui contient une montre ? Ou bien une sculpture animée qui, accessoirement, donne l’heure ?

La question est ouverte. Et c’est précisément ce qui fait la beauté de l’objet. Dans un paysage horloger parfois trop sage, trop prévisible, MB&F rappelle que l’horlogerie est d’abord un art — et que l’art n’a pas de limites.

Prix : sur demande (estimation > 200 000 CHF)
Disponibilité : 36 pièces en 3 éditions limitées
Contact : MB&F, Genève
Site : [mbf.com](https://www.mbf.com)


Article rédigé par la rédaction de MontreLuxe.com — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

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