MB&F HM12 Guardian : quand le robot de 38 cm devient une sculpture horlogère à tourbillon volant
Maximilian Büsser n’a jamais aimé les conventions. Avec la HM12 Guardian, MB&F repousse les limites de ce qu’une montre — ou plutôt une « machine horlogère » — peut être. Cette pièce monumentale de 38 centimètres de haut fusionne robotique sculpturale et haute horlogerie pour créer une œuvre d’art mécanique sans précédent.
1. Un robot qui dit l’heure
Le HM12 Guardian se présente comme un robot articulé de 38 cm de hauteur, posé sur un socle en acier et verre saphir. Son thorax renferme un tourbillon volant à complication élevée, visible à travers une cage transparente. Mais la magie opère lorsque le robot « s’éveille » : sa tête pivote, ses bras s’ouvrent et un écran rotatif affiche l’heure par un système de satellites tournants.
« HM12 Guardian revisite les éléments clés développés au cours des vingt dernières années et les condense en une expérience émotionnelle et tactile unique », explique Maximilian Büsser, fondateur de MB&F.
Le mouvement, développé en interne, est un calibre à remontage manuel doté d’un tourbillon volant à une minute et d’un affichage satellite breveté. Chaque composant a été pensé comme une pièce de sculpture — des engrenages apparents aux ponts ajourés en titane grade 5.
2. Vingt ans de MB&F en une seule œuvre
La HM12 Guardian célèbre deux décennies de créations qui ont défié les catégories. On retrouve l’esprit de la HM1 (2007), première machine horlogère de la marque, dans l’architecture tridimensionnelle du mouvement. Les satellites rotatifs évoquent la HM3 Frog (2008) et la HM6 Space Pirate (2014).
Mais c’est la dimension émotionnelle qui frappe. Chaque Guardian est assemblé à la main dans les ateliers de Genève par une équipe de cinq horlogers spécialisés. La production est limitée à 12 pièces par an, chacune nécessitant plus de 600 heures de travail.
« Nous ne fabriquons pas des montres. Nous créons des compagnons mécaniques. » — Maximilian Büsser, fondateur de MB&F
3. Un tourbillon volant dans une armure
Au cœur du Guardian, le tourbillon volant semble flotter dans le vide. Contrairement aux tourbillons traditionnels qui sont maintenus par un pont supérieur, le volant n’est retenu que par sa base. Cette prouesse technique permet une vue dégagée sur l’ensemble du mécanisme.
Le balancier en silicium oscille à 21 600 alternances par heure et offre une réserve de marche de 72 heures. Le spiral Breguet assure un isochronisme optimal quelles que soient les positions.
Le prix : 380 000 CHF, soit moins que ce que certaines grandes complications de manufactures traditionnelles peuvent coûter — mais bien plus qu’une simple montre.
4. MB&F et le marché de l’art horloger
Depuis sa fondation en 2005, MB&F s’est imposée comme la référence de l’horlogerie indépendante créative. Avec des pièces allant de 60 000 à 580 000 CHF, la marque genevoise séduit une clientèle de collectionneurs avertis qui cherchent l’exception plutôt que le statut.
En 2025, MB&F a réalisé un chiffre d’affaires estimé à 45 millions CHF, en croissance de 18% sur un an. La marque compte 15 « Friends » — des détaillants agréés dans le monde — et écoule environ 350 pièces par an.
Le HM12 Guardian s’inscrit dans une stratégie de montée en gamme qui voit MB&F s’éloigner de la « montre portable » pour entrer de plain-pied dans le marché de l’art mécanique.
5. L’horlogerie comme art : une nouvelle catégorie ?
Avec le HM12 Guardian, MB&F brouille définitivement la frontière entre horlogerie et sculpture. Cette pièce ne se porte pas — elle s’expose. Et c’est précisément ce qui fait sa force. Dans un marché où les montres de luxe sont devenues des actifs financiers, MB&F rappelle que l’horlogerie est d’abord un art.
Le Guardian rejoint des pièces comme la HM10 Bulldog (2021) ou la HM11 Architect (2023) dans ce que les collectionneurs appellent déjà la « sculpture horlogère ». Une catégorie qui pourrait bien redéfinir les sommets du luxe mécanique.
MontreLuxe — Analyses et décryptages horlogers — Juin 2026
