En juin 2026, la manufacture indépendante chinoise ATOWAK a dévoilé le dernier-né de sa collection Transformed Imagination : « Mars Age ». Cette montre ne suit pas les sentiers battus de l’horlogerie traditionnelle. Elle s’inspire des mouvements orbitaux réels de Mars, de la Terre et de la Lune pour bâtir un système solaire miniature.
Si l’on pense à un objet de science-fiction, on n’a pas tout à fait tort. Les créations précédentes d’ATOWAK avaient déjà exploré les thèmes de l’espace lointain et du voyage interstellaire. Cette fois, la marque a même reproduit Valles Marineris — le plus grand canyon connu du système solaire — à la surface du cadran.
De la montre à l’univers
Ce qui frappe d’abord dans « Mars Age », c’est qu’elle abandonne le système traditionnel d’aiguilles centrales pour l’affichage de l’heure. Dans un boîtier de 40 mm, un disque rotatif représentant Mars indique les heures. Mais ce n’est pas un simple disque rotatif : grâce à un train d’engrenages planétaires, il effectue à la fois une rotation et une révolution, simulant fidèlement la trajectoire de Mars autour du Soleil.
L’inquiétude pour la lisibilité ? ATOWAK a placé un repère triangulaire fixe sur le cadran. Au fur et à mesure que le mouvement tourne, le disque martien se déplace et pivote, le repère pointant toujours le chiffre des heures inscrit sur le pourtour du disque. C’est comme un planétarium en mouvement perpétuel — qui, par hasard, donne l’heure.
L’affichage des minutes est plus théâtral encore. Deux aiguilles — l’une en forme de fusée, l’autre à double tête — indiquent les minutes alternativement sur une échelle de 180 degrés. Pendant qu’une aiguille se déploie pour indiquer la minute courante, l’autre se rétracte progressivement, puis les deux inversent les rôles. ATOWAK appelle ce mécanisme le « système de relais spatial ». Le module central qui porte ces deux aiguilles effectue une rotation complète toutes les 120 minutes, assurant que chaque recoin du cadran reste en mouvement permanent.
Un exploit de micro-ingénierie
Le disque martien lui-même est un petit tour de force. D’un diamètre de 8 mm, cette pièce en titane est fabriquée par fusion laser sélective de haute précision, avec une tolérance de 0,02 mm. Plus impressionnant encore : elle reproduit la texture détaillée de Valles Marineris.
Le disque martien est accompagné d’une sphère d’onyx noir polie à la main de 3 mm (représentant la Lune) et d’un module Terre gravé au laser. Les trois éléments forment ensemble un modèle réduit du système solaire, apportant l’astronomie dans la vie quotidienne par la mécanique.
Trois versions, trois personnalités
« Mars Age » se décline en trois versions. L’Origin Grey en fibre de carbone et la Traverse White en fibre de verre sont vendues 3 380 dollars, avec des lancements échelonnés.
La plus spéciale est la Phantom Violet, limitée à 102 exemplaires — un nombre qui n’a rien d’arbitraire : un jour martien (sol) dure environ 102,7 % d’un jour terrestre. Cette version spéciale est proposée à 3 980 dollars. Sa plaque centrale en laiton est remplacée par du titane Grade 5, et les couleurs du cadran s’inspirent des images réelles du ciel martien prises par la NASA — oranges, violets et bleus superposés des levers et couchers de soleil, d’une beauté inoubliable.
La force créative de l’horlogerie indépendante chinoise
La nationalité chinoise d’ATOWAK mérite d’être soulignée. Alors que les manufactures indépendantes suisses creusent le sillon des complications traditionnelles, cette marque chinoise trace une voie radicalement différente : explorer les possibilités narratives de la mécanique à travers des thèmes forts. La collection Transformed Imagination prouve que l’horlogerie indépendante chinoise n’est plus une simple assembleuse de mouvements — elle est devenue créatrice de structures mécaniques originales.
Le mouvement modulaire AK-08BA, basé sur un Sellita SW200 avec un module ATOWAK maison, offre 38 heures de réserve de marche. Sa philosophie est cohérente avec celle de la montre : bâtir l’innovation sur une base éprouvée.
À 3 380-3 980 dollars, « Mars Age » occupe une position subtile. Pour un collectionneur de montres indépendantes, ce prix n’achète pas seulement une montre : il achète le concept complet d’un studio créatif indépendant. Sur la scène internationale, ATOWAK représente une génération de marques chinoises indépendantes qui construisent pas à pas leur propre identité.
Quand toute l’industrie parle de « tradition » et d’« héritage », ATOWAK démontre que l’innovation n’a pas besoin de trois cents ans d’histoire — et que l’imagination pèse parfois plus lourd que le patrimoine.
