While much of the watch industry grapples with post-pandemic corrections and shifting consumer habits, US-based Movado Group has quietly posted another year of growth. Global sales reached $671.3M for the fiscal year ending January 2026, with its UK operation surging 11 % to £27.7M. With a portfolio spanning owned heritage brands and powerhouse licenses, Movado illustrates how accessible luxury can thrive when cost discipline and brand clarity converge.
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Movado Group : le géant discret de l’horlogerie accessible
Dans le paysage horloger mondial, Movado Group occupe une position singulière. Ni véritable manufacture suisse ni pure marque de mode, ce groupe new-yorkais fondé en 1881 a construit un modèle économique hybride qui fait aujourd’hui ses preuves. Pour son exercice fiscal clos en janvier 2026, Movado Group a enregistré un chiffre d’affaires global de 671,3 millions de dollars, en progression par rapport aux 653,4 millions de l’exercice précédent.
Ce qui frappe dans cette performance, c’est sa régularité. Là où certains acteurs de l’horlogerie accessible vacillent sous l’effet de l’inflation et du ralentissement du marché chinois, Movado continue d’avancer. Son PDG Efraim Grinberg attribue cette dynamique à un quatrième trimestre particulièrement solide, avec une croissance des ventes nettes de 5,6 % et une « accélération de la momentum » qui tranche avec l’atonie générale du segment milieu de gamme.
Royaume-Uni : +11 % dans un marché sous pression
La performance britannique de Movado mérite un examen attentif. Alors que le marché horloger outre-Manche reste soumis à des vents contraires — inflation persistante, pression sur le pouvoir d’achat des classes moyennes, Brexit pesant toujours sur les approvisionnements — la filiale UK du groupe a vu ses ventes passer de 25 à 27,7 millions de livres sterling, soit une hausse de 11 %.
Une perte d’exploitation qui se résorbe
Signe que la croissance n’est pas achetée à n’importe quel prix : la perte d’exploitation de l’entité britannique s’est considérablement réduite, passant de 3,6 à 1,2 million de livres. Les actifs nets s’établissent à 10 millions de livres, témoignant d’une structure financière saine. Cette amélioration résulte d’une double stratégie : augmentation des revenus d’un côté, discipline de coûts de l’autre.
Les frais de personnel ont été réduits de 3,8 à 3,1 millions de livres, avec un effectif passé de 56 à 45 collaborateurs. Les coûts commerciaux et marketing ont également baissé de 1,6 million de livres. Le groupe précise dans sa revue d’activité pour l’exercice 2026 que la filiale britannique « poursuit ses progrès vers la rentabilité, portée par l’augmentation de ses revenus et une attention continue portée à la discipline des coûts ».
Une optimisation organisationnelle
Cette réduction d’effectifs — environ 20 % des postes — n’est pas une simple coupe budgétaire. Elle reflète une réorganisation plus large du groupe, qui rationalise sa présence sur certains marchés tout en renforçant ses capacités sur d’autres. Movado semble avoir trouvé un équilibre entre efficacité opérationnelle et maintien de la qualité de service qui fait défaut à d’autres acteurs du segment.
Un portefeuille de marques savamment orchestré
Si Movado tire son épingle du jeu, c’est aussi grâce à un portefeuille de marques dont la diversité constitue un véritable bouclier anti-crise. Le groupe possède en propre Movado, Concord, Ebel, Olivia Burton et MVMT. Mais c’est surtout son activité sous licence qui lui offre une capillaire incomparable : Coach, Hugo Boss, Lacoste, Tommy Hilfiger et Calvin Klein.
La force des licences
Ces marques de mode mondialement reconnues offrent à Movado un accès privilégié à des réseaux de distribution que les horlogers traditionnels peinent à pénétrer. Grands magasins, boutiques concept, e-commerce — les montres siglées Coach ou Tommy Hilfiger bénéficient d’une visibilité que bien des marques horlogères indépendantes ne peuvent que rêver.
Le groupe l’affirme sans ambages : « Formuler une image distincte pour chacune de nos marques a été une force motrice de Movado Group depuis ses débuts. » Cette déclaration n’est pas un simple exercice de communication. Dans un univers où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’authenticité et à la différenciation, la capacité à maintenir des identités claires tout en mutualisant les fonctions support constitue un avantage concurrentiel réel.
Ebel et Concord : le pari patrimonial
Au sein de ce portefeuille, les marques suisses Ebel et Concord occupent une place à part. Héritages horlogers authentiques, elles ancrent le groupe dans une légitimité manufacturière que les seules licences ne sauraient conférer. Si leur poids commercial reste modeste comparé à Movado ou aux licences, elles jouent un rôle stratégique en tant que vitrines du savoir-faire du groupe.
La rentabilité à portée de main
L’histoire de Movado au Royaume-Uni est celle d’un retour progressif vers l’équilibre financier. Avec une perte d’exploitation réduite des deux tiers en un an, la filiale britannique semble en bonne voie pour atteindre la rentabilité dans un horizon proche. Ce cheminement est d’autant plus remarquable qu’il s’accompagne d’une croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires.
Un modèle qui défie les standards
Dans un secteur où les marges sont sous pression — hausse du coût des composants, investissements numériques nécessaires, concurrence des montres connectées — Movado démontre qu’une approche rigoureuse peut encore porter ses fruits. La combinaison d’une offre de prix accessible (l’essentiel du portefeuille se situe entre 150 et 1 500 euros) et d’une gestion serrée des coûts semble constituer une formule gagnante pour le segment de l’horlogerie de milieu de gamme.
Ce que les résultats de Movado disent du marché
Au-delà du cas particulier de Movado, ces chiffres racontent quelque chose de plus large sur l’état de l’horlogerie accessible. Dans un contexte où l’horlogerie de luxe suisse connaît des vents contraires — ralentissement chinois, normalisation après les excès post-Covid — ce sont parfois les acteurs les moins visibles qui performent le mieux.
Le retour en grâce du raisonnable
Il y a dans la trajectoire de Movado un signal : le consommateur de montres n’a pas déserté le marché. Il s’est simplement déplacé vers des segments où le rapport qualité-prix est plus favorable. La montre à 300 euros qui offre un design soigné, une marque reconnue et une fiabilité suffisante répond à une attente réelle que l’industrie suisse traditionnelle peine parfois à satisfaire, engluée qu’elle est dans une course aux prix toujours plus élevés.
Movado Group l’a compris : l’accessibilité n’est pas une tare. Bien gérée, correctement adossée à des marques fortes et des structures de coûts maîtrisées, elle est au contraire une promesse de croissance durable dans un marché qui n’a jamais été aussi fragmenté.
