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Analyses

Watches and Wonders 2027 : dates confirmées, nouveaux venus et retour de Bâle avec Basilia

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Last updated: 13 juillet 2026 1h39
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25 Min Read
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Le 23 juin 2026, Watches and Wonders Geneva (WWG) a officiellement confirmé les dates de son édition 2027 : du 5 au 11 avril, une semaine entière qui s’étendra du Palexpo au cœur de Genève. Cette annonce ne fait pas seulement office de marque-page dans le calendrier horloger du printemps 2027 — elle ouvre aussi la voie à un autre événement majeur : le lancement de Basilia, un tout nouveau salon horloger et joaillier qui fera ses débuts à Bâle, dans le sillage immédiat de WWG.

Contents
  • WWG 2027 : nouveau visage, nouvelle dynamique
  • Basilia : le retour horloger de Bâle
  • Un pont entre l’Orient et l’Occident
  • Du stand à la ville
  • Un nouvel équilibre

WWG 2027 : nouveau visage, nouvelle dynamique

Le programme de WWG 2027 prolonge le modèle qui a fait ses preuves ces dernières années : le lundi 5 avril sera réservé aux professionnels, suivi de trois jours d’ouverture au public du vendredi au dimanche. Parallèlement, le programme « In The City » sera étendu à l’ensemble de Genève, faisant de toute la ville une scène pour la culture horlogère. Ce dispositif, salué depuis son lancement, transforme le salon d’une simple manifestation commerciale en une expérience culturelle à l’échelle urbaine.

Le changement le plus marquant concerne la composition des exposants. En 2027, House of Brands fera ses débuts à WWG, réunissant Breitling, Gallet et Universal Genève sous un même stand. Ce retour marque la première présence officielle de Breitling dans un grand salon horloger depuis plusieurs années — une réévaluation de la valeur des salons physiques par une maison qui s’était jusqu’ici concentrée sur ses propres boutiques et canaux en ligne.

Le joaillier-horloger italien Damiani rejoindra également les rangs de WWG pour la première fois. Entreprise familiale centenaire, Damiani représente le haut de la joaillerie italienne et suscite un intérêt croissant pour ses collections horlogères. Son intégration illustre l’évolution de WWG, d’un salon exclusivement dédié à la haute horlogerie suisse vers une plateforme luxe plus large — un brouillage des frontières qui reflète la mutation du secteur.

Des rumeurs évoquent également l’arrivée de nouveaux venus d’Asie et du Moyen-Orient pour WWG 2027. Bien que la liste complète des exposants n’ait pas encore été dévoilée, tout indique que ce salon genevois passe d’un « rassemblement de marques suisses » à une « plateforme mondiale de l’horlogerie ».

Basilia : le retour horloger de Bâle

L’annonce des dates de WWG 2027 a aussi un effet secondaire déterminant : elle libère le calendrier pour Basilia Jewellery & Watch Fair, le nouveau salon créé par MCH Group (propriétaire du Messe Basel) en partenariat avec Informa Markets. Basilia ouvrira ses portes immédiatement après la fin des journées professionnelles de WWG, permettant aux acheteurs et aux marques d’enchainer les deux événements au cours d’un même déplacement en Suisse.

L’agencement est ingénieux : il crée un récit de « duel genevois-bâlois ». Les deux villes sont distantes d’environ 200 kilomètres — moins de trois heures de train. Pour les acheteurs et médias venus du monde entier, pouvoir participer à deux salons complémentaires en une seule semaine représente un gain d’efficacité considérable.

Le directeur créatif de Basilia, Artur Faria, et le CEO des expositions et événements, Roman Imgrüth, ont clairement indiqué dans un entretien avec WatchPro que Basilia n’a pas pour ambition de ressusciter le défunt Baselworld, mais de construire une plateforme entièrement nouvelle, centrée sur la « découverte, l’accessibilité et la diversité culturelle ».

« Watches and Wonders est excellent — l’un des salons les mieux produits que j’aie jamais vus », explique Imgrüth. « Mais il ne présente qu’environ 60 à 70 marques, alors qu’il existe 200 à 300 marques rien qu’en Suisse, sans parler de l’Asie, des Amériques et du reste de l’Europe. Nous avons réalisé qu’il y a de la place pour une autre plateforme. »

La première édition de Basilia devrait attirer environ 400 exposants. Imgrüth insiste : la taille n’est pas l’objectif — c’est la représentativité et la diversité qui comptent. « La qualité et la diversité sont plus importantes que la taille. Ce n’est pas un produit fini. Nous allons le faire évoluer avec l’industrie au fil des ans. »

Un pont entre l’Orient et l’Occident

L’un des piliers de Basilia est de reconnecter l’Europe et l’Asie — un besoin longtemps négligé par les salons horlogers traditionnels.

Environ 70 % de la fabrication mondiale de bijoux est concentrée en Asie, mais leur représentation dans les salons européens reste marginale. De même, les marques horlogères indépendantes japonaises et chinoises bénéficient d’une visibilité en Occident bien inférieure à leur poids réel. Basilia entend changer cela.

« Si vous voulez découvrir ces produits aujourd’hui, vous devez vous rendre à Hong Kong ou à Tokyo », observe Faria. « Notre idée est d’apporter cette découverte en Europe. »

À ses yeux, le segment intermédiaire — les marques indépendantes et petits acteurs qui ne sont ni des marques de luxe établies ni des produits de grande consommation — manque cruellement de plateformes de visibilité. « Les grandes marques ont déjà leur maison. Ce sont les indépendants et les petits acteurs qui n’en ont pas. »

Cette analyse n’est pas gratuite. Depuis l’arrêt de Baselworld en 2019, les petites et moyennes marques cherchent un nouveau terrain d’exposition. Les coûts élevés et les critères de sélection stricts de WWG en ferment l’accès à beaucoup d’entre elles. Certaines se sont tournées vers des salons indépendants comme Geneva Watch Days, mais leur envergure et leur influence restent limitées. Basilia vient combler ce vide.

« D’un côté, on apporte un réseau ; de l’autre, un autre réseau », résume Imgrüth. « Ensemble, nous pouvons combler une lacune du marché. »

Du stand à la ville

Côté scénographie, Basilia entend rompre avec le format standardisé qui lasse l’industrie — ces rangées de stands blancs sur moquette bleue. Faria et son équipe proposent un concept de « quartiers urbains », remplaçant l’agencement traditionnel par différents « blocs » et « zones ».

« Nous voulons penser comme si nous organisions une ville », explique Faria. « Les gens ne vont pas en ville pour ’participer’ — ils y vont pour explorer. La scène doit s’adapter au produit, pas l’inverse. »

Cette conception s’inspire des marchés et des galeries marchandes. Les organisateurs veulent créer une expérience de déambulation naturelle, sans imposer de parcours fléché. Les différents « quartiers » reflèteront des identités culturelles et des typologies de produits distinctes, formant un écosystème organique.

Les organisateurs insistent également sur la préservation de l’identité culturelle de chaque exposant. « Nous ne voulons pas que les exposants s’adaptent à un moule européen », affirme Imgrüth. « Nous voulons embrasser ces identités. » Un joaillier indien n’aura pas à se réinventer en style européen ; un horloger japonais pourra présenter son travail à la japonaise. Cette diversité culturelle est en soi une remise en cause du format standardisé.

« Il faut cesser de considérer ces lieux comme de simples espaces commerciaux, ajoute un autre organisateur. Les gens sont des gens, pas seulement des visiteurs B2B. L’état d’esprit B2B d’autrefois doit évoluer. Les gens doivent se sentir spéciaux en venant. »

La première édition de Basilia utilisera le Hall 2 du Messe Basel, mais les organisateurs anticipent un débordement naturel dans toute la ville. « Bâle s’y prête — tout est à distance de marche », dit Imgrüth. « Beaucoup ont encore des souvenirs merveilleux de Bâle — pas seulement du salon, mais des rencontres et de l’ambiance dans la ville. Nous devons retrouver cette sensation. »

Un nouvel équilibre

Depuis la dernière édition de Baselworld en 2019, le paysage des salons horlogers suisses a connu une longue recomposition. WWG à Genève s’est imposé comme le nouveau centre de gravité, attirant les marques de premier plan et les médias internationaux. Mais ses coûts d’exposition élevés et ses places limitées ont toujours tenu à distance les petites et moyennes marques. En 2023, la « grande migration » de Rolex, Patek Philippe, Chanel et Tudor de Bâle vers Genève a encore accentué cette polarisation.

Basilia pourrait bien combler ce vide. Son calendrier, juste après WWG, permet aux marques et aux acheteurs de participer à deux événements en un seul voyage européen — l’un dédié au luxe absolu, l’autre aux marques indépendantes et aux petits fabricants. Pour les exposants chinois, japonais et indiens, cette configuration est particulièrement séduisante.

Imgrüth décrit la première édition de Basilia comme « une graine que l’on plante » : « Avril 2027 sera la première édition, et elle évoluera ensuite. » Faria, plus poétique : « Ce qui existait a disparu. Nous avons une immense opportunité de créer quelque chose d’entièrement nouveau. Nous partons de zéro, en essayant de briser les anciennes règles. »

Pour l’industrie horlogère, avril 2027 sera un moment historique — Genève et Bâle, deux villes, deux salons, une même semaine, pour la première fois. Ce n’est pas seulement l’expression d’un nouvel équilibre après Baselworld — c’est l’entrée dans une nouvelle ère pour le paysage mondial des salons horlogers. Lorsque deux villes suisses racontent l’histoire de l’horlogerie la même semaine, toute l’industrie bénéficie de cette concurrence vertueuse et complémentaire.

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