By using this site, you agree to the Privacy Policy and Terms of Use.
Accept

montreluxe.com

Reading: Richemont signe un rebond historique de ses manufactures : +8% au premier trimestre, Vacheron Constantin et ALS en tete
Font ResizerAa

montreluxe.com

Font ResizerAa
Search
  • Actualités
  • Watches & Wonders 2026
  • The Vault
  • Guides d’achat
  • Analyses
  • Comparatifs
  • Investissement
  • Montres de luxe
Have an existing account? Sign In
Follow US
© Foxiz News Network. Ruby Design Company. All Rights Reserved.
Décryptage stratégique

Richemont signe un rebond historique de ses manufactures : +8% au premier trimestre, Vacheron Constantin et ALS en tete

montreluxe
Last updated: 16 juillet 2026 0h00
montreluxe
10 Min Read
Share
SHARE

La publication des résultats du premier trimestre de l’exercice 2026-2027 de Richemont, le 16 juillet 2026, marque un tournant décisif pour le conglomérat genevois. Après un exercice 2025-2026 douloureux pour sa division horlogère — seulement 107 millions d’euros de bénéfice opérationnel sur 3,1 milliards de chiffre d’affaires, soit une marge famélique de 3,4 % — les trois premiers mois clos fin juin 2026 révèlent une dynamique de reprise qui interroge autant qu’elle rassure.

Contents
  • Un rebond horloger enfin tangible
  • Le rapport de force interne se tend
  • Cartier, l’éléphant dans la pièce
  • Watchfinder et la seconde main : un avantage concurrentiel à double tranchant
  • Distribution directe : la bascule s’accélère

Un rebond horloger enfin tangible

La division Specialist Watchmakers — qui regroupe Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, A. Lange & Söhne, IWC, Panerai, Piaget et Baume & Mercier, entre autres — a généré 873 millions d’euros de ventes sur le trimestre, en hausse de 8 % à taux de change constants et de 6 % en données publiées. Ce chiffre rompt avec une année 2025-2026 où la division avait reculé de 4 % en publié (−1 % à changes constants), plombée par le ralentissement chinois et la normalisation post-Covid du marché secondaire. Pour apprécier l’ampleur du redressement, il faut rappeler le contexte : le Swatch Group a publié des résultats annuels en baisse de près de 15 % en 2025, tandis que LVMH voyait sa division montres et joaillerie stagner. Dans ce paysage, les +8 % de Richemont constituent une performance relative indéniable.

Si un trimestre ne fait pas une tendance, l’ampleur géographique du rebond invite à l’optimisme. Les Amériques bondissent de 27 % à 1,7 milliard d’euros (toutes divisions confondues), l’Asie-Pacifique de 21 % à 2,1 milliards, et même l’Europe — pourtant morose depuis deux ans — enregistre une progression de 11 % à 1,4 milliard. Le Japon, porté par un yen toujours avantageux pour le tourisme et une clientèle chinoise qui redécouvre l’archipel, complète le tableau avec une croissance à deux chiffres. Seul le Moyen-Orient et l’Afrique pâtissent d’un recul de 12 %, pénalisés par les répercussions du conflit iranien et un tourisme vers Dubaï en nette décélération. Les Émirats, plaque tournante du commerce horloger de luxe dans la région, subissent de plein fouet les tensions géopolitiques qui éloignent les acheteurs russes et indiens d’ordinaire très présents dans les centres commerciaux dubaiotes.

Le rapport de force interne se tend

Ces chiffres ne doivent pas occulter la réalité du groupe : les Jewellery Maisons — Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati — continuent de dicter le tempo. Avec 4,7 milliards d’euros de ventes trimestrielles, en progression de 24 %, la joaillerie pèse désormais près de 75 % du chiffre d’affaires total du groupe (6,3 milliards d’euros, +20 % en publié, +17 % à changes constants). Ce déséquilibre structurel nourrit une critique récurrente des analystes financiers : Richemont ne serait-il qu’un « Cartier assorti de quelques horlogers » ? La question mérite d’être posée alors que le conglomérat a cédé Lancel, Chloé et Hackett ces dernières années pour se recentrer sur le bijou et la montre, mais se retrouve aujourd’hui avec une dépendance excessive à l’égard de ses maisons joaillières.

Pourtant, le trimestre écoulé suggère que la narration mérite d’être nuancée. La croissance de 8 % de la division horlogère, si elle reste inférieure au +24 % de la joaillerie, n’en constitue pas moins une performance solide dans un contexte où l’industrie suisse dans son ensemble a connu une année 2025 morose. Surtout, elle est portée par les trois fleurons du haut de gamme : Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre et A. Lange & Söhne. Ces marques, dont le prix de vente moyen dépasse largement les 20 000 euros, ont bénéficié d’un rééquilibrage de la demande vers les pièces les plus exclusives, phénomène déjà observé chez les indépendants comme F.P. Journe ou De Bethune. La stratégie de rareté et d’augmentation continue des prix, menée tambour battant par ces manufactures, commence à porter ses fruits sur les volumes en valeur.

Cartier, l’éléphant dans la pièce

Cartier mérite une analyse spécifique, tant son poids est déterminant. La marque au panthère réalise environ 35 % de son chiffre d’affaires dans l’horlogerie — une proportion souvent sous-estimée par les observateurs qui l’assimilent d’abord à la joaillerie. Les collections Santos, Tank et Panthère, renouvelées ces dernières années, continuent de capter une demande soutenue, notamment aux États-Unis où le positionnement « accessible luxury » de la marque trouve un écho particulier auprès d’une clientèle féminine en pleine expansion. Dans les Amériques, la croissance de 27 % des ventes de Richemont est très largement portée par Cartier, confirmant la domination sans partage de la maison rue de la Paix sur le marché nord-américain du luxe joaillier-horloger. La montre Santos Dumont, dans ses versions squelette et or massif, connaît un succès notable auprès d’une clientèle masculine qui délaisse les montres sportives en acier.

Pour la division horlogère « pure », la question centrale est de savoir si le rattrapage constaté au premier trimestre est conjoncturel ou structurel. Les stocks des détaillants, après une phase de digestion agressive en 2025, semblent revenus à des niveaux plus sains. La reprise américaine, dopée par la baisse des taux directeurs de la Fed et une confiance des ménages restaurée, a profité à l’ensemble du portefeuille, de Panerai (populaire sur la côte Est pour ses modèles Luminor et Submersible) à IWC (très présent dans les grands magasins et fort d’une collection Pilot renouvelée). En Asie-Pacifique, le retour progressif des touristes chinois en Corée du Sud et en Thaïlande compense en partie la faiblesse persistante du marché domestique chinois.

Watchfinder et la seconde main : un avantage concurrentiel à double tranchant

La plateforme de revente Watchfinder, acquise par Richemont en 2018 pour un montant non divulgué, affiche une croissance à deux chiffres qui confirme la maturation du marché de l’occasion certifié. Ce segment, longtemps marginal dans les comptes du groupe, devient un canal stratégique — à la fois pour capter une clientèle plus jeune et pour soutenir la valeur résiduelle des marques du portefeuille. Alors que des pure players comme Chrono24 et WatchBox consolident leurs positions en levant des fonds conséquents, Richemont dispose avec Watchfinder d’un atout que ne possèdent ni LVMH ni Swatch Group : un circuit de revente intégré, contrôlé de bout en bout, de l’estimation à la certification en passant par la remise en état. Dans un marché où la transparence des prix de revente devient un critère d’achat déterminant pour toute montre dépassant 5 000 euros, cet avantage compétitif n’est pas négligeable. Le risque, toutefois, est de cannibaliser les ventes de montres neuves — un équilibre délicat que Richemont doit gérer maison par maison.

Distribution directe : la bascule s’accélère

La stratégie de retailisation massive engagée par Richemont depuis cinq ans porte ses fruits. Les ventes directes au consommateur atteignent 4,5 milliards d’euros sur le trimestre (+24 %), contre 1,4 milliard pour le wholesale (+7 %). Le rapport s’établit désormais à 76 % de retail direct, contre environ 60 % il y a trois ans. Ce mouvement, qui permet au groupe de capter l’intégralité de la marge tout en contrôlant l’image de ses marques, comporte néanmoins un risque accru d’exposition aux fluctuations de la demande finale — sans le coussin des stocks de gros pour amortir les chocs. La fermeture progressive des comptes multimarques, décidée dès 2020 pour Vacheron Constantin et Jaeger-LeCoultre, se poursuit sans concessions.

La division Jewellery Maisons, avec ses 4,7 milliards d’euros de ventes trimestrielles et sa rentabilité structurellement élevée — les marges opérationnelles y dépassent 25 %, contre 3,4 % pour les horlogers l’an dernier —, reste le moteur incontesté du groupe. Mais l’écart se creuse avec l’horlogerie, et la question existentielle pour les dirigeants de Richemont sera de savoir si la remontée amorcée ce trimestre peut se transformer en tendance durable. Les prochains mois — et notamment la période cruciale des fêtes de fin d’année, qui pèse pour près de 35 % des ventes annuelles de la division — diront si le printemps 2026 de l’horlogerie Richemont est une vraie renaissance ou un simple feu de paille dans un cycle toujours incertain.

Share This Article
Facebook Email Copy Link Print
Previous Article Un Rolex sur quatre refusé à l’authentification — la guerre invisible des faux, des Frankenstein et des montres volées
Next Article Cartier sur le marche secondaire : une fievre 3,5 fois superieure a la moyenne, l’indice ChronoPulse explose
Aucun commentaire Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2KFollowersLike
3KFollowersFollow
10.1KFollowersPin
- Sponsored-
Ad image

You Might Also Like

Décryptage stratégique

Tudor × UTMB : La neuvième pièce du puzzle « Born to Dare » — Anatomie d’une stratégie de sponsoring par les sports extrêmes

Au pied du massif du Mont-Blanc, Tudor a officiellement annoncé…

3 Min Read
Analyse industrielleCulture horlogèreDécryptage marketingDécryptage stratégiqueMarchéMontres de luxe

Pourquoi les montres de luxe coûtent-elles si cher ? La mécanique d’un prix qui défie la raison

# Pourquoi les montres de luxe coûtent-elles si cher ?…

15 Min Read
Décryptage stratégique

Trois boutiques Rolex en un mois : la stratégie Bucherer qui inquiète les indépendants

# Trois boutiques Rolex en un mois : la stratégie…

9 Min Read
Décryptage stratégique

Royal Oak × Swatch : le flirt qui a coûté cher à Audemars Piguet

Une déclaration qui change la donne « Ce fut une…

16 Min Read
Follow US
© Montreluxe.com . All Rights Reserved.
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?