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Urwerk UR-120 Blue Planet : la fin d’une trilogie horlogère de légende

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Last updated: 15 juin 2026 6h00
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# Urwerk UR-120 Blue Planet : la fin d’une trilogie horlogère de légende

## Une trilogie venue d’ailleurs

L’histoire commence en 2022. Urwerk dévoile l’UR-120 Spock, une montre qui ne ressemble à rien de ce qui existe. Entre-temps, 2023 verra naître l’UR-120 Space Black, variation sombre et cosmique. Puis vient 2026, et le dénouement : l’UR-120 Blue Planet, pièce finale d’un triptyque horloger dont la cohérence narrative force le respect. Chez Urwerk, on ne manufacture pas des montres ; on compose des récits mécaniques.

L’UR-120 Blue Planet n’est pas une simple montre. C’est un point final. Un épilogue en titane et en saphir avant que la nuit ne tombe sur cette lignée.

## La signature saturnienne d’Urwerk

### L’affichage par satellites : une révolution qui dure

Depuis les premières UR-101 et UR-102 au tournant des années 2000, Urwerk a construit sa légende sur un principe d’affichage unique : les heures défilent sur des satellites montés sur un carrousel central, chaque satellite tournant sur lui-même tandis que le carrousel pivote. Ce mécanisme place Urwerk dans une catégorie à part — bien au-delà du conventionnalisme horloger.

Avec l’UR-110, la marque avait posé les bases de la montre agressive et exposée. Mais Felix Baumgartner et Martin Frei, les deux cofondateurs, ressentaient déjà les limites de cette esthétique.

### Vers une élégance mécanique

Pour l’UR-120, tout est repensé. Les cofondateurs voulaient une montre « plus fine, plus lisse, plus élégante » que l’UR-110. Refonte complète du mécanisme satellite. Les vis apparentes disparaissent, les surfaces se nettoient, les articulations se fondent dans une construction de boîte cachée. Les cornes articulées permettent un meilleur maintien au poignet. Le boîtier en titane de 47 mm × 44 mm se porte avec une aisance surprenante. C’est un « fragment d’architecture interstellaire ».

## Le saut mécanique : des satellites qui se fendent

### Le salut vulcain sous le saphir

L’innovation qui fait de l’UR-120 une pièce historique, c’est le mécanisme de satellites fendus. Chaque satellite horaire s’ouvre littéralement en deux lorsque l’heure qu’il indique achève son parcours. Les deux moitiés se déploient en formant un V — le célèbre salut vulcain de Star Trek.

Ce geste mécanique se produit sous la glace saphir comme un message envoyé depuis la passerelle du vaisseau. Baumgartner parle d’« un signal depuis le pont ». Le carrousel tourne, le satellite présente l’heure, puis se dédouble dans un mouvement synchrone parfait — un salut, une révérence, avant de disparaître.

### 175 composants pour un seul geste

Le carrousel à lui seul comprend 175 composants. « Notre défi a toujours été d’optimiser les forces en jeu. La gestion de l’énergie est délicate et complexe », explique Baumgartner. Parmi les innovations internes : un élément en croix de Malte et un ressort en forme de lyre, tous deux fabriqués dans les ateliers de la marque. Le calibre UR-20.01, automatique, anime l’ensemble avec une précision qui confine à l’horlogerie de marine.

## Un prix, une philosophie

L’UR-120 Blue Planet est disponible au prix de CHF 115 000, hors taxes. Un tarif qui la place dans le haut du panier des indépendants, au même niveau que les pièces complexes de MB&F ou de Greubel Forsey.

Mais le prix n’est pas la mesure de cette montre. Urwerk la congédie avec un texte qui dit tout de sa philosophie : « L’UR-120 Blue Planet n’annonce pas de suite. C’est une transmission finale. Pour une dernière fois, ses satellites s’ouvrent. Pour une dernière fois, cette forme en V apparaît sous le saphir. Un salut vulcain. Un signal du pont. Un clin d’œil à ceux qui ont grandi avec des galaxies lointaines, des vaisseaux impossibles et la certitude que l’aventure pouvait commencer à tout instant. La dernière UR-120 ne s’incline pas. Elle s’élève dans une explosion de feux d’artifice dorés, puis disparaît dans le bleu. »

Que dire après cela, sinon que l’horlogerie indépendante vient de perdre l’une de ses plus belles signatures — et que les collectionneurs qui possèdent l’une des trois pièces de cette trilogie détiennent désormais un morceau de l’histoire de l’art mécanique.

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