Le géant méconnu de l’horlogerie accessible
Quand on parle d’horlogerie, on pense spontanément aux grandes manufactures suisses. Pourtant, il existe un acteur discret mais redoutablement efficace : le Movado Group. Basé dans le New Jersey, ce groupe américain pèse 671,3 millions de dollars de chiffre d’affaires global sur son exercice fiscal clos en janvier 2026, en croissance de 2,7 % sur un an.
Mais le véritable signal fort vient du Royaume-Uni, où Movado enregistre une progression de 11 % de son chiffre d’affaires, passant de 25 à 27,7 millions de livres sterling. Mieux encore, la perte opérationnelle s’est réduite de 3,6 à 1,2 million de livres, signe d’une trajectoire vers la rentabilité.
Un portefeuille de marques aussi large que stratégique
La force de Movado Group ne réside pas dans une marque emblématique unique, mais dans un portefeuille soigneusement équilibré :
– Marques propres : Movado, Concord, Ebel, Olivia Burton, MVMT
– Licences prestigieuses : Coach, Hugo Boss, Lacoste, Tommy Hilfiger, Calvin Klein
C’est ce modèle de licensing qui fait la puissance du groupe. En produisant et distribuant pour ces géants de la mode, Movado capte une clientèle que les marques horlogères traditionnelles peinent à atteindre : les jeunes adultes urbains, sensibles au design et au rapport qualité-prix, mais pas nécessairement attirés par le récit horloger classique.
Les leviers de la croissance britannique
Comment Movado a-t-il réalisé cette progression de 11 % dans un marché britannique pourtant marqué par une baisse de fréquentation des magasins de 2,6 % (chiffres BRC/Sensormatic de mai 2026) ?
Plusieurs facteurs expliquent cette performance :
1. La discipline des coûts : les frais de vente et marketing ont baissé de 1,6 million de livres, et les effectifs sont passés de 56 à 45 employés.
2. L’accélération du 4e trimestre : selon Efraim Grinberg, CEO du groupe, « la forte croissance du T4 a permis de clôturer l’exercice sur une note positive avec une rentabilité significativement améliorée. »
3. La force des marques de mode : Coach, Tommy Hilfiger et Calvin Klein restent des valeurs sûres auprès du jeune public britannique.
4. Un positionnement prix accessible : dans un contexte d’inflation modérée mais persistante, les montres Movado (200 à 1 500 €) offrent un point d’entrée séduisant dans l’univers du design horloger.
Le paradoxe du luxe sous licence
Le modèle Movado soulève une question intéressante pour l’industrie : dans un marché où les marques horlogères traditionnelles misent sur la rareté, l’héritage et la montée en prix, le luxe sous licence représente-t-il une menace ou une complémentarité ?
D’un côté, les puristes regardent avec méfiance ces montres produites par un groupe américain sous licence de marques de mode. De l’autre, force est de constater qu’elles répondent à une demande réelle : celle d’un consommateur qui veut une montre « de marque reconnue » sans entrer dans les débats sur le mouvement manufacture ou la complication.
Un acteur qui monte
Avec 10 millions de livres d’actifs nets au Royaume-Uni, Movado Group n’est pas encore un poids lourd de l’horlogerie. Mais sa croissance à deux chiffres et sa capacité à générer du cash dans un environnement de vente au détail difficile méritent l’attention.
« Notre engagement est de cultiver la demande des consommateurs grâce au développement continu de produits, à l’innovation en matière de design et à des communications marketing ciblées », résume le groupe. Une formule qui semble fonctionner.
Movado Group’s UK sales grew 11% to £27.7 million in FY2026, driven by cost discipline, a strong Q4, and its powerful brand licensing portfolio (Coach, Hugo Boss, Lacoste, Tommy Hilfiger, Calvin Klein). The group’s $671.3M global revenue demonstrates the viability of the accessible luxury licensing model in a challenging retail environment.
