En juin 2026, TAG Heuer et Gulf Oil ont officialisé leur quatrième collaboration — la Formula 1 Automatic Chronograph Gulf Special Edition. Cette paire, devenue emblématique dans l’univers de l’horlogerie comme dans celui de la course automobile, prouve une fois de plus avec ce chronographe en titane de 44 mm que l’association du bleu Gulf et de l’orange vif n’est pas une simple réédition, mais un morceau d’histoire du sport automobile qui se porte au poignet.
Il faut remonter à 1971. Steve McQueen, au poignet une Heuer Monaco, pilotait une Porsche 917K aux couleurs Gulf dans le film Le Mans. Cette image a figé l’un des plans les plus iconiques de l’histoire du cinéma de course, liant à jamais la Monaco aux teintes bleu et orange de Gulf dans l’imaginaire collectif. Mais le véritable mariage officiel n’a eu lieu qu’en 2018, lors de Baselworld, avec une première série limitée Monaco à 50 exemplaires. En 2023, à Watches & Wonders, le duo élargissait sa collaboration à la gamme Formula 1. Cette quatrième itération s’attaque enfin à la pièce maîtresse de la famille F1 — l’Automatic Chronograph — pour livrer une création aussi agressive dans ses matériaux que dans ses couleurs.
Titane et carbone : l’ADN de la course
La grande nouveauté de cette édition réside dans une évolution radicale des matériaux. Le boîtier de 44 mm en titane Grade 2 sablé — là où les précédentes éditions utilisaient l’acier — apporte une réduction de poids significative et un confort de port accru. Plus important encore, TAG Heuer a doté ce modèle d’une série de détails résolument sportifs :
– La lunette en carbone forgé, avec son échelle tachymétrique, garantit un motif unique à chaque montre, la texture aléatoire du composite rendant chaque pièce impossible à reproduire à l’identique.
– L’anneau de liaison orange entre le boîtier et la lunette agit comme une signature visuelle, évoquant l’arceau de sécurité d’une voiture de course.
– Les poussoirs du chronographe reçoivent un revêtement DLC noir, tandis que la couronne est rehaussée d’une touche de laque orange.
– Le cadran déploie la palette iconique bleu et orange de Gulf, avec trois sous-compteurs au positionnement clair et lisible.
– Le fond saphir gravé du logo Gulf rappelle le statut limité à 1 000 exemplaires.
Ces choix esthétiques ne sont pas le fruit du hasard : la matité du titane sablé répond à la texture industrielle du carbone forgé, tandis que les accents orange créent une tension dans un ensemble sombre. La logique visuelle de l’ensemble évoque une voiture de course sur la ligne de départ — retenue, mais prête à bondir.
Calibre 16 : la fiabilité en héritage
Au cœur de la montre bat le Calibre 16 automatique de TAG Heuer, un mouvement éprouvé dérivé de l’ETA 7750. Sa configuration à trois compteurs (30 minutes, 12 heures, petite seconde) a été finement réglée par la marque, offrant un excellent compromis entre fiabilité et facilité d’entretien. Avec une étanchéité à 200 mètres, cette montre n’est pas qu’un objet de collection sur le thème de la course — c’est un véritable outil quotidien, capable de vous accompagner sous l’eau.
Pourquoi la collaboration Gulf reste unique
Dans l’industrie horlogère, les partenariats entre l’automobile et la montre pullulent — Audemars Piguet avec Ferrari, IWC avec Mercedes-AMG, Hublot avec Ferrari… Mais rares sont les duos qui, comme TAG Heuer × Gulf, conservent leur pouvoir d’attraction après quatre collaborations. Plusieurs raisons l’expliquent :
D’abord, un ancrage culturel profond. Contrairement à la plupart des partenariats qui reposent sur des clauses contractuelles, la relation entre Gulf et Heuer s’enracine dans une narration historique authentique. L’image de McQueen au volant de sa Gulf 917K, portant une Monaco, est un fragment de l’ADN culturel du XXe siècle. TAG Heuer n’a fait que formaliser un lien qui existait déjà naturellement.
Ensuite, une palette qui tient lieu de marque. Pour Gulf, le bleu ciel rayé d’orange est un actif visuel qui dépasse largement la valeur d’un logo ordinaire. Cette association chromatique, appliquée à n’importe quel produit — voiture, vêtement ou montre — évoque instantanément la mémoire collective de l’âge d’or de la course automobile. TAG Heuer sait en user sans en abuser, chaque édition limitée employant ces couleurs avec retenue et précision.
Enfin, une exigence produit intacte. De la Monaco limitée de 2018 à la F1 de 2023, puis à ce chronographe titane de 2026, chaque génération a apporté une progression tangible — en matériaux, en mouvement ou en langage esthétique — plutôt qu’un simple changement de cadran. Le choix du titane et du carbone forgé envoie un signal fort : TAG Heuer prend ce partenariat au sérieux, sans le réduire à un instrument de collecte.
Positionnement prix et marché
Limitée à 1 000 exemplaires dans le monde, cette édition Gulf est proposée à 5 350 £ / 6 300 $. Dans la gamme TAG Heuer, ce prix la place dans le segment moyen-haut des chronographes automatiques. Compte tenu de l’emploi du titane et du carbone forgé, ainsi que de la prime liée à la rareté du partenariat Gulf, ce positionnement tarifaire apparaît plutôt contenu. Pour les collectionneurs, c’est aussi l’un des tickets d’entrée les plus réalistes vers l’héritage de Steve McQueen.
Certes, on pourrait s’interroger sur la fatigue du reconditionnement. Mais avec ce quatrième chapitre, TAG Heuer prouve une chose : certaines couleurs méritent vraiment d’être portées — encore et encore.
